
Hohhot, dernière station
Edwige s'apprête à quitter la Chine et la nostalgie l'étreint
déjà. Elle aime la Chine et ses Chinois.

Cambodia
View
Un appareil photo, des pinceaux, de la peinture. Ça
n'a l'air de rien. Dans les mains d'Edwige, voilà ce que ça
donne. On appelle ça de l'aaaaart.
Pensez
à voyager en plein écran : touche F11

Umphang on
the rocks ! (9 janvier 2004)
Je recommande le trajet Mae Sot - Umphang - Mae Sot : une monstruosité
rarement égalée. 170 km de montagnes russes, pas un mètre
linéaire de surface plane, des pentes avoisinant les 15% / 18%.
De quoi se maudire à chaque coup de pédale.
J'enrage, je peste, je hurle - je ris aussi en pensant au cauchemar,
aux chapelets d'engueulades que cela aurait pu être si nous avions
été deux dans cette galère. Hi Hi Hi ! Je
pleure de rage. Maltraite mon vélo.
Y'a personne à l'horizon. De toute façon l'horizon se
fait rare, la forêt est dense, les villages inexistants, le silence
absolu. J'épie le moindre bruit de moteur des rares camions qui,
au loin, cheminent lentement, devinant sans peine au ronflement, à
la pointe d'étouffement, le calvaire que subit la mécanique
pour franchir les derniers mètres de la bosse avant de plonger
dans le vide, telle une balle de fusil s'extirpant du canon. Pwouiiiii!
Explosion ! Silence. Rupture. Rrrrouawn ! Il remonte.....
Use Low Gear. Pancarte. Umphang on jungle ! Umphang by
night ! Umphang on the rocks ! Umphang one time in my life !
Umphang, why ?
Umphang, c'est un cul de sac..... Savoir que j'aurai le vent dans le
dos ne suffit plus à me consoler de mon obstination. Impossible
! Pire que de retraverser la Libye d'Ouest en Est.
Y'a t'il un ange qui veille sur la Tortue ? Beh oui !
que je me suis dit cette fois-ci. Ou comment transformer une Tortue
gémissante en tortue hilarante : un pneu qui déjante,
deux chambres à air qui explosent. Out ! Plus de
roue arrière. Plus de vélo qui roule, plus de côte,
plus de descente infernale. Umphang : 15 km. Je fais du stop,
accepte n'importe quelle arnaque et savoure d'avance, la conscience
tranquille, ce que sera le retour en sowngthaew.
Je sortais du Cambodge, des plaines de l'Isan, la montagne me manquait.
C'est fou comme la mémoire me joue des tours. Que les 650 km
de Mae Sot àChiang Mai me paraitront doux.
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